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Qu'ils soient politiques, personnels, ou une réflexion d'un moment, mes poèmes en prose sont des réflexions personnelles qui n'engagent que mon moi interne. Vous pouvez y trouver des sentiments, de l'humour un peu caustique, peut être parfois un peu de clairvoyance, mais jamais de méchanceté. N'hésitez pas à me donner votre avis.

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MORT SANS RAISONS APPARENTES

Mort sans raisons apparentes !!!

Certains diraient « Ne laisse jamais la lumière d’hier éclairer l’obscurité de demain… »

Il vient de pénétrer dans cet immeuble qui se trouve sur la place Maurice Maccario, je me demande si je peux décemment aller plus loin, mais le contrat qui me lie à lui, stipule de le filer 24h/24h et surtout d’en rendre compte à la boîte vocale qui m’a engagé…Je lève la tête pour essayer de deviner à quel étage il pourrait se rendre, lorsque je vois arriver trois hommes à l’allure douteuse…Je me mets instinctivement sous la protection de mémé, n’a-t’elle pas influé sur ma vie en m’apprenant à voir le côté obscur des personnes. Grâce à elle je me plais à penser que je suis un Mentaliste, ce qui finalement est un atout précieux pour ce job de détective privé.

Je m’engouffre avec eux dans le hall de l’immeuble, je ne suis qu’un habitant me dis-je, je me répète cette phrase en boucle afin de m’en imprégner et le miracle, méthode Coué agit, c’est le plus naturellement possible que je mets mon pied sur la première marche et commence lentement l’ascension de la cage d’escaliers…L’ascenseur me dépasse, je continue à monter en ralentissant mon énergie légendaire pour ne pas tomber nez à nez avec eux….Je n’ai pas le temps d’arriver à l’étage supérieur, quand des coups de feu déchirent le silence, affolé, je me cache dans un recoin du palier, retenant ma respiration. Ils dévalent les escaliers et passent a quelques centimètres de moi…J’espère juste qu’ils ne m’ont pas vu, il semble qu’ils aient la gâchette facile et comme dirait Pépé lorsque je lui demandais de se dépêcher car je me languissais de rejoindre mes copains au Château : « Petit rappelle toi toujours qu’il vaut mieux arriver cinq minutes en retard dans ce monde que cinquante ans en avance dans l’autre ». Encore sous le choc des coups de feu, tremblant, je grimpe les marches, tout en essayant d’accélérer le pas. Je dois m’assurer si il y a mort d’homme, et si il s’agit bien de la personne que je suis sensé filer, cadavre qui de toute évidence mettrait fin à mon contrat…Soufflant comme un phoque et tremblant comme un chiwawa sans manteau en plein hiver, j’arrive sur le palier…Trop de planques, pas assez d’exercices me dis-je! J’aperçois une porte ouverte, me glisse telle une anguille à l’intérieur et trouve au sol une forme sanguinolente qui n’a plus rien d’un être humain, car plus aucune respiration ne l’anime. Je le fixe de façon intensive, il ne ressemble en rien à la personne sujet de mon contrat de filature…Des sirènes me font revenir à la triste et macabre réalité, je sors précipitamment de l’appartement et cours me réfugier à l’étage supérieur, priant pour qu’aucun quidam que je pourrais rencontrer ne me pose de questions, je suis en même temps surpris de ne voir personne, le calme le plus total règne sur cette scène de crime. Une porte s’ouvre, une main me tire à l’intérieur et me pose un couteau sur la gorge. Il est là devant moi réellement vivant et je me demande dans quel pétrin je suis encore allé me fourrer. L’homme qui me menace ne réside pas en zone d’ombre, je vois une lumière s’éclairer en lui et cet éclaircissement me rassure un petit peu. Cet homme qui malgré l’arme blanche qui pointe au bout de sa main et qui appuie sur ma carotide, ne semble pas être un assassin en puissance. Vite des ondes positives, je lui offre dans l’urgence un bouquet de « tu ne tueras point »…

Mort sans raisons apparentes………………………………………………………………………….1

J’espère juste qu’il en fera bon usage, et que malgré les apparences il vit toujours dans le respect des « Dix Commandements »…L’avenir me le dira, ou peut-être pas si je suis d’ici peu en l’état de macchabé !!!

  • Qui êtes-vous ? Pour qui travaillez-vous ? Cela fait bien trois jours que vous me suivez !!!

 

  • Oh du calme, je ne demande qu’à vous parler, mais desserrez l’étreinte de cette lame glaciale, qui commence à chauffer étrangement ma peau et je n’aimerai pas finir comme la personne de l’étage en dessous que l’on a apparemment pris pour vous. Vous avez l’air très recherché, mort ou vif ? On va y remédier, votre cas n’est pas inscrit dans mon tableau de filatures, mais alors pas du tout !!!

 

  • Ne vous méprenez pas, je ne suis pas aussi important. Les règlements de comptes sont fréquents dans ce quartier, comme dans d’autres quartiers de la Ville et il était inscrit dans l’ADN de cette personne qu’elle finirait ainsi aujourd’hui. D’ailleurs avez-vous remarqué qu’aucun résident n’est sorti et ne s’est manifesté en entendant les coups de feu, ces faits sont devenus tellement communs que pas un voisin ne bouge. Si je desserre mon étreinte, me direz-vous maintenant qui vous a demandé de me suivre ?

 

  • Ouf, voilà c’est mieux, dis-je en frottant mon cou à l’endroit où la lame s’est invitée. Quels renseignements voulez-vous que je vous donne ? Je suis juste un petit détective privé spécialisé dans les querelles d’Amoureux. La filature que je devais exercer sur vous, m’a été signifiée par boîte vocal, mes honoraires sont payés d’avance en numéraire par des enveloppes portées directement à mon bureau, faut bien vivre ! Je dois leur rendre des comptes tous les jours lorsqu’ils m’appellent, je ne pensais pas que cette mission soit si dangereuse, j’aurai peut-être dû me méfier…Pour moi, je pensais que vous étiez comme un amoureux, juste un peu indélicat…Mais ma foi, vous semblez être très important à leurs yeux. Savez-vous au moins qui pourrait vous faire suivre ?

 

  • Pour le moment, je ne peux rien vous dire, je ne sais si je dois vous faire confiance, je vais réfléchir, nous nous reparlerons plus tard, suivant ce que j’aurai décidé. Attendez encore quelques temps que la police s’en aille avec le corps, dès que le bâtiment aura repris son aspect habituel allez sur la place, occupez l’espace et posez-vous les bonnes questions. Dans un moment je vais rentrer chez moi, n’hésitez pas à me suivre si vous voulez justifiez vos gratifications et donner le change, vous pourrez rester en planque en bas de mon immeuble. Nous nous reparlerons dans un ou deux jours.

Je fais et refais le tour de la place, me demandant qui pouvait être Maurice Maccario et ce qu’il avait bien pu faire de mal pour se retrouver à Pasteur au milieu de problèmes qui doivent surement le dépasser. Je me promets d’aller trainer mes guêtres à la Bibliothèque Louis Nucéra.

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Au bout d’un moment, troublé par de drôles de sensations sous mes pieds et mettant cela sur ma capacité à ressentir les ondes électro - magnétiques, je rejoins ma voiture et attends pour entamer ma filature consentante, me demandant comment j’allais sortir du guêpier dans lequel je m’étais mis…

Le lendemain lorsque ma boîte vocale se manifeste, je me sens dans l’obligation de lui parler des évènements de la veille et du fait, que l’homme en est ressorti pour rentrer chez lui, après qu’un corps des plus froids ait traversé la place pour être évacué sur un brancard par la police. Du côté de la voix il y a un léger blanc…

  • Continuez la filature et faites en sorte qu’elle soit pratiquement au corps à corps, vous recevrez des honoraires plus élevés. Nous comptons sur vous. (Puis plus rien, ils avaient mis un terme à la communication, me laissant pétrifié…Au corps à corps, ils en ont de bonnes eux !)

J’attends…C’est maintenant l’homme au couteau qui dirige, pourvu qu’il ne lui prenne pas l’envie de me demander un pourcentage d’honoraires pour collaboration. La journée du lendemain est plus tranquille, il me facilite la tâche en ne sortant pas de l’appartement où il semble habiter, rue Gioffredo. Genre de journée où je suis sure de prendre 1kg, grignoter devenant mon passe-temps favori...A la nuit tombée vers vingt trois heures, il apparaît enfin devant l’immeuble, enfourche sa moto stationnée à proximité, puis roulant de façon cool sans doute pour ne pas me semer, il m’amène sur le port et stationne son engin devant une boîte de nuit. Je le vois s’engouffrer à l’intérieur. Le temps de garer mon véhicule, je le suis, non sans être passé entre les mains de deux videurs ayant surement pris leur quartier dans les zones d’ombre…Je jette en rentrant dans la boîte un coup d’œil circulaire et je le vois attablé et en grande discussion avec oh surprise, les trois lascars qui avaient refroidi la personne du troisième étage. Je m’assois à une table proche d’eux, des drôles de sons m’interpellent, je ne pige absolument rien, drôle de langue me dis-je !!!

Je commande un whisky et histoire de ne pas éveiller les soupçons, j’invite à ma table la jeune femme qui lorgne ma personne depuis que je suis arrivé... La conversation s’engage, très vite, elle pose sa main sur mon pantalon, provoquant à cet endroit précis une brûlure qui m’irradie au point de laisser présager une nuit torride, si j’en crois mon deuxième moi qui toujours prêt, commence à s’accrocher aux branches. Hélas, je suis en service et je ne peux me laisser aller à de folles galipettes. Je remets donc la main de la jeune femme sur la table et pour donner le change, me mets à lorgner mon voisin. Si je lui fais croire que j’ai une profonde attirance pour les hommes, elle me laissera tranquille et mon grimpeur également, ainsi j’évite de froisser leurs susceptibilités et de mettre à mal mon pantalon.

  • Vous êtes libre ?

Je lève les yeux, mon client, par filature tournante me dévisage. Je me demande vraiment ce que je fais là, bien loin de mes filatures amoureuses…Je dois jouer le jeu, nous devons nous parler pour sortir de cet imbroglio dans lequel je me suis foutu en décidant de l’aider…

Mort sans raisons apparentes………………………………………………………………………..3

Il s’assoit à mes côtés, nous sommes maintenant presque au corps à corps, me voilà donc dans les termes de mon contrat ! Il commande une boisson, je n’ai pas encore touché à mon whisky, je le regarde, mais il continue à me fixer cherchant à me faire passer un message. Je me concentre, tout en faisant appel à mémé et passé le moment de stupéfaction sur ce qu’il me semble avoir compris, je sens qu’il pose la main sur ma cuisse et commence à me caresser. Alors là, j’ai juste envie de me lever et de m’enfuir, mais ce que je ressens est beaucoup trop fort…Après ce rapprochement, et alors que mon deuxième Moi s’est mis en berne, il me glisse dans l’oreille comme un message d’Amour qu’il me donne rendez-vous à l’appartement où ma carotide à réellement fait connaissance avec lui par lame interposée. Je suis terrifié, mais je ne peux plus reculer…

Je le laisse partir le regardant de façon assez équivoque, il m’adresse un léger signe amoureux. Je glisse un regard autour de moi, pour voir s’il n’y a pas de visages connus, les rumeurs vont bon train dans cette ville, et je ne sais comment j’aurai pu expliquer à ma famille mon coming out temporaire. Ma voiture n’est pas très loin, c’est lentement pour lui laisser un peu d’avance que je reprends le chemin de Pasteur et de la Place Maccario. J’ai à ce moment là une pensée émue pour ce Médecin Italien, qui vécut et exerça à Nice et dont la thèse porta en 1843 sur le traitement de la folie comme une aberration de l’intelligence…

Soudain une lueur s’éclaire en moi, je viens juste de comprendre le rapport étroit que le quartier pouvait entretenir avec la folie et la maladie coincé entre Sainte-Marie et l’Hôpital Pasteur…

N’a-t-on pas des noms de clowns célèbres, me dis-je, ce serait tellement plus amusant…Mais pour l’heure, j’ai un rendez-vous et pas le temps de me perdre en réflexion idéologique. Fort heureusement à cette heure de la nuit, il n’y a plus personne dans les rues, je ne me sens quand même, pas très rassuré. Je fais trois fois le tour du quartier, emprunte la rue Maccario pour revenir sur la place et finis par trouver un emplacement pour mon véhicule. Le temps de quelques secondes, une angoisse m’habite, ais-je raison de faire confiance à ce garçon, et si son invitation était un guet-apens. Je me penche, alors dans la cache qui se trouve sous mon siège, puis avec moult précautions je saisis le 7,65 qui n’a jamais servi et qui est sensé me rassurer en refroidissant ma ceinture dorsale. Je sors de la voiture me dirigeant, le pas assez incertain, vers l’entrée de l’immeuble de l’autre côté de la place. Instinctivement je cherche du regard les malfrats qui ont tué la personne du 3ème étage…Que faisait-il donc en leur compagnie ce soir à l’intérieur de la boîte de Nuit…Je suis intrigué, je ne comprends plus rien, je dois éclaircir ces zones obscures avant de continuer…Mais ai-je le choix ? Je rentre dans l’immeuble, prends l’ascenseur pour aller plus vite et me présente devant la porte où j’ai été si soudainement happé.

Je frappe doucement, l’heure est tardive. Au bout d’un petit moment qui me parait une éternité, la porte s’entre-ouvre, je m’engouffre rapidement à l’intérieur de l’appartement. Le studio semble inhabité, plutôt une planque. La fenêtre donne sur la place et un téléobjectif est pointé sur cette dernière…Mais qui est donc ce mec? Il me propose encore un whisky, mais je ne suis pas un alcoolique moi !…

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Je perçois un flottement, il semble chercher ses mots, peut-être a-t-il trop bu ? Je le fixe pour mieux ressentir les sensations bonnes ou mauvaises qu’il pourrait dégager. Les pistes semblent brouillées, et un peu perdu, je fais appel au mentaliste qui occupait mon espace privé jusqu’à aujourd’hui en espérant qu’il ne me laissera pas tomber, trouvant la situation trop difficile ou trop confuse pour lui, le pauvre !

  • Bon nous n’allons pas aller par quatre chemins. J’ai décidé de vous faire confiance...

Mon nom est Benjamin Gali. Je suis Niçois depuis de longues générations Après une fin de cursus scolaire au lycée Masséna, je suis allé cet été là, aux States pour rendre visite à cette branche de la famille qui a immigré au pays des droits de l’Homme, et je n’en suis plus reparti, happé par cette Amérique d’avant Trump, où pour n’importe quel immigré, lorsqu’il n’y avait plus rien à faire, alors tout devenait possible !!! Ma double nationalité me permet encore pour le moment d’aller et venir entre mes deux pays d’adoption…

 

  • Nous dirons que l’un est d’adoption et l’autre au bout d’une ou deux générations est vôtre, me semble t-il ? Mais avez-vous mal tourné aux USA, pour être passé apparemment du coté des mafieux et qu’a donc à faire un petit quartier Niçois sans grande envergure et sous l’emprise d’un Médecin et de son traité sur la folie, pour intéresser un réseau de mafieux, enfin j’extrapole peut-être ? Ah, j’oubliais de me présenter Jean-Edouard Scola, détective privé, après une erreur de parcours stressant au sein de la Maison Poulaga.

 

  • Heureux de ne pas m’être trompé en décidant de vous faire confiance…

 

  • Heureux, on verra cela plus tard, n’oubliez jamais qu’un flic, reste un flic….Alors…

 

  • En ce qui concerne le réseau mafieux, vous n’en êtes pas loin. J’ai été recruté par un trust industriel, presque certain à ce moment là que je travaillais quelque part pour le gouvernement Américain. Je m’aperçus malheureusement trop tard, que ce trust cachait un énorme trafic de drogue à l’échelon international. Je ne pouvais plus reculer, on me fit comprendre que si je décidais de me sauver, ma famille en subirait les conséquences. Ma nationalité Française et ma connaissance de Nice, ont fait que je me suis retrouvé en charge du contrôle de la diffusion de la drogue sur la région Paca.

 

  • Alors vous, vous me faites rire ! Un carrefour de la drogue à Pasteur, je ne peux le croire et pourquoi cette place ? et ce mort vous ne reculez devant rien ? pas même le meurtre, mais qui était-il donc pour finir ainsi…refroidi en deux secondes, vous ne lui avez laissé aucune chance !!!

 

  • C’est juste la routine, ces jeunes qu’ils emploient, auraient tout à gagner en suivant les instructions du cartel, mais un jour se croyant plus fort, ils décident de les doubler…

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Il y a une suite....

 

 

 

 

 

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