Qu'ils soient politiques, personnels, ou une réflexion d'un moment, mes poèmes en prose sont des réflexions personnelles qui n'engagent que mon moi interne. Vous pouvez y trouver des sentiments, de l'humour un peu caustique, peut être parfois un peu de clairvoyance, mais jamais de méchanceté. N'hésitez pas à me donner votre avis.
Ma dernière lettre étant restée sans réponse, je reviens de nouveau vers vous, pour qu'enfin vous fassiez faire un audit des maisons de retraite en France.
Dans aucune région les prix pratiqués ne sont les mêmes, à croire que chaque région est un état indépendant, laissant une liberté totale de tarifs à chaque directeur ou groupe.
Il en est de même pour l'APA qui se trouve être versée aux familles, ce qui est logique puisqu'au départ c'était une aide destinée aux familles pour alléger les factures mensuelles excessives des maisons de retraite.
Le prix pratiqué actuellement dit d'hébergement varie entre 55€ et 9O €, si les personnes sont en chambre simple ou double, auquel il fallait rajouter le forfait blanchisserie entre 100 et 120€, et le forfait incontinence entre 110 et 130 €, bien que ce dernier forfait soit parfois pris en charge dans le prix de l'hébergement.
Du fait de la soi disant signature de la convention tripartite pour personnes âgées dépendantes (EHPAD),
il faut maintenant à la facture rajouter 16,31 € de tarification dépendance.
Or les personnes qui étaient dans ces maisons étaient déjà dépendantes, c'est à dire qu'il fallait déjà les habiller, et les faire manger...... alors qu' est ce qui va changer!....
Les personnes les plus dépendantes étaient aidées, pour leur toilette et leur habillement, par un infirmier libéral qui facturait directement à la sécurité sociale de la personne concernée.
Actuellement, et je parle pour la maison de retraite où se trouve ma mère, il a été embauchée une seule infirmière, à qui on a donné le titre pompeux de Directrice, et qui supervise des "aides-soignantes" qui font la toilette et habillent la personne.
Mais il y avait déjà une directrice, qu'on a donc remplaçée en faisant d' une pierre deux coups..........
Il va donc être embauchés quelques personnes, pour aider aux toilettes, et pour ces embauches qui de toutes les façons aurait dû être faites, car on manquait de personnel, on demande aux familles de débourser,
16,31 € de plus par jour, ce qui multiplié par le nombre de résidents, équivaut à 10 fois, voire beaucoup plus que le maigre salaire de la personne embauchée.
Alors que faire? Ne serait il pas normal que 90% des maisons de retraite, soient publiques et ne pas continuer cette privatisation qui permet à certaine personne de s'enrichir et de créer "une industrie du vieux" à leur seul et unique profit.
Il faut savoir que les maisons de retraite publiques sont beaucoup moins chères, ont plus de personnel qualifié, mais elles ne sont pas en grand nombre et les personnes a faibles revenus sont prises en priorité. Il est évident que si l'on optait pour une majorité de maisons publiques du fait que l'on ne soit pas obligé de faire d'importants bénéfices, le réinvestissement serait fait directement pour le bien être des résidents pour alléger une fin de vie inévitable.
Création d'emplois donc chomage en baisse. Moins de charges sur les familles, donc plus de consommation. Beaucoup de familles sont obligées de s'endetter ou de vendre le bien familial pour arriver à payer les frais occasionnés par un parent qu'on a été obligé de mettre en maison de retraite.
N'oubliez pas que nous allons vivre de plus en plus vieux, mais malheureusement pas dans d'excellentes conditions compte tenu du stress vécu au quotidien, et de la pollution ambiante.
Nous nous devons de donner à nos anciens, la meilleure des fins de vie..............................
Inutile de vous dire le parcours du combattant que j'ai dû effectuer, j'en suis à la cinquième maison de retraite.
Toutes privées et coûtant assez chères. Dans la première,et j'en ai visité beaucoup avant de la choisir , j'ai un jour retrouvé ma mère avec des bleus énormes et pour les justifier on m'a dit qu'elle avait fait une crise de Délirium trémens, ce qui était impossible car ma mère n'était pas sujette à ce genre de problèmes, je n'ai donc pu que faire constater par son médecin traitant son état. A l'époque elle marchait, certes beaucoup ce qui est au début le propre de la maladie d'Alzheimer, parlait assez bien, et n'était pas incontinente. Elle avait seulement perdue ses repères et ne pouvait malheureusement vivre seule car souvent elle ne retrouvait pas son chemin ou bien elle se sauvait. Je l'ai donc mise dans une autre maison plus proche de ses convictions religieuses. On a commençé à la rendre incontinente, normal elle se tachait, mais comme elle oubliait de demander et que le personnel n'était pas suffisant on ne pouvait pas penser à l'amener aux toilettes à plusieurs moments dans la journée, donc on lui a mis des couches ce qui l'a rendue incontinente et on pouvait ainsi la changer à heure fixe, soit une fois le matin, une fois l'après-midi et une fois le soir. Alors imaginez ces personnes ayant encore quelque peu leurs émotions , qui sont prudes de par leur éducation, et à qui, en dépit de toutes les convenances humaines, sont ramenées à cet état de dépendance extrême.....Ensuite, un soir, alors qu'il y avait peu de personnel, elle a poussé une porte de secours, s'est retrouvée sur une terrasse sans rambarde et donnant accès à des escaliers, dans le noir elle n'a pas dû voir le danger et elle a dévalé les escaliers, le temps qu'on la cherche et qu'on la retrouve, nous avons passé la nuit aux urgences. Elle avait le visage tuméfié, ce fut un miracle qu'elle ne soit pas morte. Puis comme elle déambulait toujours et qu'elle gênait, un jour je la retrouvais attachée dans un fauteuil en complet état de léthargie, affolée je demandais à voir le docteur qui l'avait tout simplement droguée parce qu'elle gênait par ses vas et viens. Le psychiatre de l'établissement me dit qu'il vaudrait mieux la transférer quelques temps dans un hôpital pour personnes handicapées mentales, je lui dit à ce moment là de changer de métier parce qu'il n'était en aucune façon adapté aux Alzheimers. Je l'amenais en consultation dans un service de gériatrie et on m'indiqua un nouveau médecin traitant, à ce moment là je dus interdire aux médecins, totalement incompétents de cet établissement, de s'occuper de ma mère. Malheureusement, peu de temps après elle chuta et se cassa le col du fémur. Elle fut bien opérée en clinique et le chirurgien qui connaissait l'établissement où se trouvait maman me conseilla de la mettre ailleurs pour sa rééducation car la renvoyer dans cet établissement serait du délire. je la mettais donc dans un établissement pilote reservé aux Alzheimers assez cher, mais à 350 kms de mon domicile ce qui était de la folie pour aller la voir chaque semaine car je faisais l'aller-retour dans la journée.
On ne peut rien dire sur cet établissement si ce n'est le fait que comme partout si la famille ne vient pas souvent les résidents n'étaient pas sortis et restaient été comme hiver à l'intérieur, et pourtant un beau parc entourait la maison avec des ânes, des paons en liberté etc..c'était donc dommage qu'elle n'en profita point , donc en plus je payais à part une personne qui venait 2 à 3 fois par semaine pour la promener dans le parc.
Malheureusement elle se cassa l'autre col du fémur et donc elle allait rester à vie sur une chaise roulante, ainsi je décidais de la retransférer pas très loin de mon domicile.
Cette 4ème maison était familiale et me paraissait mieux, mais elle était à deux étages et sans ascenseur, comme ma mère avait sa chambre à l'étage supérieur, je dû me rendre à l'évidence que les jours passant elle passerait plus de temps dans sa chambre minuscule qu'en compagnie des autres pensionnaires.
Je décidais donc de la mettre dans une nouvelle maison de retraite avec plus d'espaces et des ascenseurs.
La première semaine ils lui perdront les dentiers ce qui la pénalisera pour qu'elle puisse se nourrir correctement, ensuite ce sera les lunettes, et puis le linge qui est un véritable enfer..........................
Enfin c'est avec cette maison là maintenant que je suis en litige pour cette augmentation de 16,31 € par jour qui me pénalise considérablement, sachant que je paie déjà 76 € par jour en chambre double + 102 € de forfait linge + 127 € de forfait incontinence, auquel il faut rajouter maintenant 16,31 € par jour de forfait dépendance sachant que l' APA n'est que de 360 € alors que doit on faire? Certes je ne suis pas seule dans ce problème, mais ne pourriez vous pas vous pencher sur cet état des maisons de retraite et ne pas seulement vous contenter d'aller en voir une ou deux , car si vous êtes attendu on ne vous montrera que le bon et non pas les personnes Alzheimer, qui seules dans leurs têtes, attendent désespérément un peu de compagnie, celles là même que l'on fait manger avant tout le monde, que l'on garde dans des salles à manger à part, qui ne participent pas ou peu aux animations, que l'on recouche pour la sieste 2 à 3 heures, que l'on fait goûter ou dîner très tôt et qui sont recouchées pour une longue nuit seules attachées dans leur lit.
Voilà leur vie exact, auriez vous aimé ou aimeriez vous que vos parents finissent ainsi?
J'espère que vous m'entendrez et que vous ferez faire une étude qui vous permettra d'approcher la situation telle qu'elle est et non telle qu'on veut bien vous la montrer.
Dans l'attente, je vous prie Monsieur Le Président de bien vouloir croire à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.