Il y a longtemps que je n'ai prononçé
ce nom sans qui le droit a la vie,
n'aurait pas été possible: "maman".
Mais aujourd'hui, je t'ai trouvée si affaiblie,
il paraît que tu as été malade,
mon téléphone n'a jamais sonné
pour m'avertir de ton état,
et ton médecin traitant non plus
n'a pas été prévenu.
Trois jours que tu ne t'alimentais plus,
trois jours passés seule dans ton lit,
alors que j'ai toujours demandé,
que sans signe de fièvre tu sois
installée sur ton fauteuil,
et amenée a la salle à manger
pour partager avec les autres cet espace à vivre.
Seule dans ton lit, privée de la parole,
avec pour seule compagne
une pensionnaire qui attachée sur son fauteuil crie.
Alors aujourd'hui je t'ai vue frêle petite chose,
affaiblie par le manque de nourriture,
pour cause de gastro.
Tu paraissais perdue sur ta couche.
J'ai soudain compris combien en peu
de jours tu étais devenue vulnérable,
et que tu pouvais partir sans avertir,
délaissant enfin cet état misérable...
Je me dis que pour toi
peut-être ce serait une délivrance,
mais je voudrais être là, et t'accompagner
vers ton au-delà et surtout
dans la dignité comme ce devrait être le cas
pour tout être humain,
et non seule dans ton lit et dans ta tête.
Maman, tu vas me manquer.
On n'a jamais su se dire
que nous nous aimions,
et tu es rentrée dans ta tête,
me laissant seule avec mes interrogations.
Maman je t'AIME
où que tu iras ne m'oublies pas.