Qu'ils soient politiques, personnels, ou une réflexion d'un moment, mes poèmes en prose sont des réflexions personnelles qui n'engagent que mon moi interne. Vous pouvez y trouver des sentiments, de l'humour un peu caustique, peut être parfois un peu de clairvoyance, mais jamais de méchanceté. N'hésitez pas à me donner votre avis.
J’avais toujours vu
la photo cartonnée
de ce fier grand-père,
costumé, cravaté, charpenté,
ce qui lui donnait l’allure d’un monsieur
qu’il semblait être.
Je retrouvais en lui des traits familiaux,
je savais qu’il faisait partie de moi.
Ce ne fut que bien plus tard
que j’appris q’il était
bien mon grand-père sans
que jamais mon père et nous même
ne puissions porter son nom.
Nous étions la branche naturelle
de ma grand-mère paternelle
dont nous portions le nom ,
mais aussi la branche bâtarde
de ce grand-père qui avait
aimé et adoré grand-mère dont il
fût le seul et unique homme.
Que de plans tirés sur la comète
pour savoir qui était cette famille
dont j’étais l’illustre inconnue.
J’appris enfin par des cousins que,
bien que déraciné, comme moi,
de notre Algérie natale,
un des demi-frère de mon père
avait une pharmacie à quelques kilomètres
de mon lieu de vie.
Chaque fois, je remettais à plus tard
cette visite, ne sachant que leur dire.
Et le temps passa…..
Un jour, longtemps après,
j’étais alors grand-mère
d’un petit garçon de 5 ans,
une personne vint se joindre à nous,
amenée par un ami,
au sein d’une association
que nous venions de créer.
Elle m’attirait…
et lorsque je la rencontrais
inévitablement je recherchais sa compagnie.
Son nom de femme mariée
ne pouvais m’indiquer qui elle était.
Sa véritable connaissance,
je la fis un soir où je la véhiculais,
et lui posais les questions habituelles.
Tu es d’Algérie, de quelle ville,
et presque de quel quartier ;
C’ était le lien qui nous reliait,
nous, les ex déracinés,
puisque 40 ans s’étaient déjà écoulés.
Et là, elle m’appris qu’elle
étais native d’un petit village
dont j’avais toujours entendu parler,
puisqu’il était aussi
celui d’une partie de ma famille.
Et elle me donna son nom,
à ce moment là, je m’entendais lui dire,
« comme c’est amusant, j’aurais dû m’appeler ainsi. »
Et c’est à ce moment là que,
lui demandant si les pharmaciens
de la ville voisine étaient de sa famille,
je compris que siégeait à côté de moi
« ma cousine », la fille du pharmacien
qui n’était autre que le demi frère de mon père.
Je pense que ce soir là,
le ciel lui tomba sur la tête.
En nous envoyant cet ultime signe de reconnaissance,
sans l’avoir cherché,
notre grand-père venait de se manifester à nous,
et ce devait être nous deux,
et pas quelque autre personne de la famille,
car nos idées de vie,
nos idées politiques étaient identiques…
Je venais de retrouver la sœur tant attendue,
celle que je n’avais jamais eu,
et à laquelle j’avais toujours rêvé.
Sa vie n’avait pas été un long fleuve tranquille,
la mienne non plus,
mais elles pouvaient reprendre leur cours,
celui de notre famille.......................