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Qu'ils soient politiques, personnels, ou une réflexion d'un moment, mes poèmes en prose sont des réflexions personnelles qui n'engagent que mon moi interne. Vous pouvez y trouver des sentiments, de l'humour un peu caustique, peut être parfois un peu de clairvoyance, mais jamais de méchanceté. N'hésitez pas à me donner votre avis.

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LE CID et LA MERE JUIVE

Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemi!

N'ai je donc tant vécu que pour cette infamie?

Et ne suis je blanchie dans les travaux ménagers,

que pour voir en un jour remplacés tous mes balais?

Ma cuisine qu'avec respect toute la famille admire,

Ma cuisine, qui tant de fois les a fait se réunir,

tant de fois apaisé les cris des enfants-rois.

Trahis donc ma querelle, et ne fais rien pour moi?

Ô cruel souvenir de mes rêves passés!

Oeuvre de tant de générations en un jour effacée!

Nouvelle femme fatale à mon bonheur!

Amour factice d'où tombe mon honneur!

Faut il par cet éclat, voire triompher la gueuse,

et mourir sans vengeance, ou vivre en fugueuse.

Gueuse, sois de mon fils à présent la muse;

Cet état n'admet point une femme sans ruse,

et ton jaloux orgueil par cet affront insigne,

malgrè l'amour de mon fils, m'en a su rendre indigne.

Et toi, de mes exploits glorieux instrument,

mais d'un corps tout de bois inutile ornement.

Balai, jadis tant à craindre, et qui dans cette offense,

m'a servi de parade et non pas de défense.

Va, quitte désormais une mère amère,

passe pour me venger en des mains de mégère.

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